George(...) Je dois reconnaître que c’est ce que j’ai fait. Un jour, je suis partie et je ne suis plus jamais revenue. Je n’ai pas de chez moi. Je suis en transit. Partout où je suis aujourd’hui, je suis en transit. Je ne sais pas où est chez moi. Cela peut être à Paris, au Musée de la vie romantique où je retrouve avec un bonheur toujours égal ma mère libre et aventureuse. Cela peut être à Lisbonne dans la peau de Lisbonne, quand je suis à Lisbonne parce que j’y respire ce bleu fino. Cela peut être à Prague en prenant un chocolat chaud au Grand Café Orient. Cela peut être à Berlin dans mon café d’hier avec mes habitudes de deux jours à côté de la manufacture de paniers à la Marie-Antoinette. 

Je suis chez moi partout, et nulle part. 

C’est très pratique. 

C’est très pratique pour ce que j’ai voulu faire dès l’enfance.
Découvrir le vaste monde et le donner à voir aux autres. D’ailleurs, je l’ai écrit à un évêque à l’âge de quinze ans. Le contenu de cette lettre a dû être très déroutant pour cet évêque. (...)

in Le mouchoir de la duchesse, voyage au coeur de l'artisanat d'art de Bérengère desmettre. Préface Noëlle Bittner. Riveneuve Editions.

En librairie le 20 octobre 2016. 

Légende de la photo : Broche George création et réalisation Paulina Plizga sur un mouchoir en dentelle. Collection de l'auteur.